Jean MATTEI

           

 

Un son suspendu dans l'aube entre roches pourpres et eau turquoise, léger telle la brise guidant le blanc animal vers son dernier repos, furieux comme cette vague qui revient chaque matin, inlassablement, se coucher sur la plage, sa compagne, délicate et discrète, mère de ses sensations, muse qui accepte, pour le bien de l'artiste, le bal des courtisanes et inavouées adversaires. Car la musique n'a pas de maître, elle se prend, elle se vole, elle se conquière comme une bataille où chacun use de ses armes, où chacun use de ses charmes.

Et jean Mattei c'est çà ! Guitare électroacoustique, mandoline, harmonica, textes, voix, compositions, tous les moyens sont bons pour exprimer ce paradoxe de la sensibilité, somme toute féminine, qui espère séduire, provoquer et braver la beauté, la finesse, la grâce et l'élégance, la délicatesse, la sensualité, la volupté, bref en mille mots comme en deux, la femme.

Originaire de deux petits villages du Sud-Ouest de la Corse (Coggia et Cuttoli), Jean MATTEI est depuis son jeune âge attiré par la musique et se découvrira une véritable passion pour la guitare.

Élève de Paulo QUILICI, Jean Mattei est le seul artiste ayant consécutivement connu les fastes des « Sirinata Ajaccina » (groupe folklorique Ajaccien de 1964 à 1967) et les joies des ensembles polyvocaux (I Muvrini). Prenant conscience d'un besoin de sauvegarde du chant traditionnel, il est à l'origine avec GHJULIU BERNARDINI, en 1977, du groupe I Muvrini ou il pourra avec le poète « paghjellaghju » (chanteur de paghjelle), chantre de la polyphonie, exprimer son militantisme culturel et sa corsitude (A Cursità).

Il participe à la réalisation des cinq premiers albums du groupe produits par le studio RICORDU de mai 1977 à janvier 1983.

Militantisme actif et pacifique qui lui feront dispenser des cours de chant et d'initiation à la langue à l'école St Paul primaire d'Ajaccio, et Scola Aperta, à Bastia. Ce travail donnera naissance à trois albums pour enfants « Campemucci », « Aio », « Canta, Cantemu » enregistrés au studio RICORDU.

ALTE VOCE, c’est le nom du groupe que Jean MATTEI vient de créer, il est l’aboutissement de tant d’années de travail de recherche au service de la culture Corse, il partage avec les membres d’ALTE VOCE, ce même attachement viscéral à cette terre au sens premier du terme pastoral, la défense de la langue corse, cette philosophie du cœur, de la tolérance, du respect des autres.

    Je me situe totalement et irrémédiablement à l'extérieur du monde « pseudo-culturel » ce qui ne m'empêche pas d'être attentif au travail des autres et à l'écoute de toutes formes d'expression que compte l'île et ses acteurs (poètes, musiciens, peintres, écrivains, artistes). Ces derniers sont talentueux, mais restent néanmoins trop souvent dans l'ombre par le manque de découvreurs de talents.

Ce dont les artistes souffrent le plus souvent c'est le manque d'information et de communication, c'est du laxisme et de l'indifférence des hommes qui possèdent le pouvoir dans ce domaine et qui manquent concrètement d'honnêteté, de compétence et de déontologie. Mon sens profond de la justice, est ce que je crois me caractérise le plus. Je ne supporte pas les déséquilibres qui règnent dans cette société et je me découvre au nom de certains personnages romanesques et de ceux qui luttent pour la veuve et l'orphelin. Je milite sans niaiserie pour la langue corse et dame nature, car elles sont toutes deux en danger. Je m'élève contre toutes les tentations d'hégémonie et de népotisme.

En Corse pour obtenir ce qu'il nous revient de droit dans les domaines de l'aide à la création et à la diffusion, il faut menacer ou être le petit ami, le parent, le complice, des incompétents mis en place, par ce système que nous tous connaissons. Si qui que ce soit met en doute mes écrits, je me ferai un plaisir d'éclairer sa lanterne. Je regrette l'esprit Jacobin et colonisé de chez nous, qui consiste à penser que tout ce qui vient d'ailleurs est meilleur. Je méprise cette nouvelle injustice et le fait que les artistes corses ne soient pas traités à parité avec ceux de l'extérieur.

Nul n'est prophète en son pays. Trop s'ouvrir aux autres c'est un peu fermer la porte à nos enfants. Je suis ouvert à toute forme de progrès à condition de pouvoir en maîtriser les outils. User des technologies et techniques nouvelles en prenant soin de ne pas trop dénaturer et se laisser dépasser par elles.

 

Contact : matteijean@wanadoo.fr

 

MàJ : 14/08/2005